Les politiques agricoles et industrielles engagées en force dans les années après guerre ont eu des conséquences, non prises en compte au départ, sur les modes de vie paysans, sur la vie dans les campagnes, le milieu naturel et les paysages. C'est assez désastreux et indéniable. Il est possible de comprendre que les circonstances d'après-guerre imposaient des modifications et une modernisation efficace des modes de productions, mais des erreurs ont été faites, par des stratégies mal pensées et mal documentées. Les principaux porteurs de ces erreurs sont les gros agriculteurs, producteurs céréaliers et de l'élevage industriel, qui sont engagé-e-s dans un productivisme tout crin. Le modèle qui leur a été "vendu" les contraint, dans la souffrance souvent, à une intensification permanente de leur travail. Je ne vais pas refaire l'exposé et l'analyse économique et politique de ces contraintes et du modèle : il est connu, décrit, documenté et analysé avec pertinence depuis des années. La dégradation des paysages, les pollutions, chimiques et visuelles, les problématiques de santé publiques, sont des données de terrain, et elles sont un des motifs d'un "plan de sauvegarde" du type PNR. Je pense que celui-ci doit intégrer de manière explicite la mutation nécessaire, d'utilité publique, des modes de productions agricoles sur les territoires qu'il est sensé valoriser et préserver. La contrainte qu'il serait nécessaire d'imposer, par la loi et les moyens pour la faire respecter (par exemple pour le non arrachage des haies ou toutes les dégradations qui sont pratiquées), ne peut être le seul vecteur, intenable et irrespectueux de la situation de ceux et celles auxquel-le-s il faudrait qu'elle s'applique. Il faut un réel soutien et une réelle à la désescalade productiviste, pour qu'elle ne soit pas perçu comme un retour en arrière (non-souhaitable, évidemment), mais un progrès vers un mode de vie plus vertueux en matière de respect du territoire. Si son exploitation, en terme économique, revient aux professionnel-le-s dont c'est le métier, sa préservation, puisque relevant du bien commun et du droit d'en jouir pour tout un chacun qui y passe ou y habite, leur appartient comme à tous et toutes. Le bénéfice en retour serait partagé. L'aide à la mutation doit être informationnelle et financière, avec un réel soutien de terrain, de vrais contrats moraux et financiers, durables et bien pensés. C'est tout-à-fait possible, et s'expérimente depuis plusieurs années concrètement dans des initiatives individuelles. Ce qui est appelé écologie et utilisé politiquement ces derniers temps pour en faire un levier de clivage et empêcher les changements, n'est pas un choix, et n'est pas réservé à une sorte d'élite intellectuelle urbaine qui vient donner des leçons aux paysans. C'est une nécessité, incontournable, inévitable, ni de droit ni de gauche, apolitique et fondée scientifiquement qui s'impose et s'imosera à toutes et tous, politiques et gens du commun. Un PNR qui n'aurait pas les moyens en terme de contraintes et d'aides en la matière restera cosmétique...
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